Quelle est votre histoire préférée du Concours

mardi 29 janvier 2008

Règles du concours

Voici les règles enfin décidées pour le concours. Elles sont simples et offrent de nombreuses possibilités d'écriture !

Thématique : le froid
Longueur du texte : autour de 2 000 mots
Langues : Français et Anglais
Délais : Le 10 Mars 2008

La thématique est assez ouverte, il ne s'agit pas spécifiquement de parler du froid, mais il doit au moins apparaitre et avoir un rôle visible dans l'histoire.

Toutes formes d'histoires sont acceptées : Dialogue, Article, Narration, Description, Poème etc.

Rappel : le concours est ouvert à tous, et à tous vos amis, faites passer l'info !

Toutes les histoires seront à envoyer à cette adresse mail : pierrestefanini@free.fr
Elles seront lues par 4 membres du Jury : Anodos, Dozer, Gnouffy et Zabeth

Merci de faire attention à l'orthographe !



Et maintenant le plus important évidement, le prix !

Sera décerné au vainqueur une édition papier d'une sélection d'histoires du blog ainsi qu'un Tshirt au choix sur le site www.lafraise.com !

Le second aura une édition papier d'une sélection d'histoires du blog !

Le troisième sera content d'être sur le podium !

Alors tous à vos plumes (et claviers)

Pour toutes questions relatives au concours, n'hésitez pas à les poser en commentaires ou par e-mail toujours sur pierrestefanini@free.fr.

J'espère lire très vite vos histoires !

dimanche 13 janvier 2008

Concours Histoires Brèves

Bonjour à tous,
ceci n'est pas une histoire courte mais simplement le lancement d'un évènement qui, je n'en doute pas, fera date dans l'histoire de ce blog !

Et oui, bientôt un concours viendra ouvrir en beauté la nouvelle année et célébrer l'anniversaire du blog ! (déjà)

Les conditions du concours sont en discussion et seront transmises bientôt. Il sera bien évidement ouvert à tous, et toutes les histoires seront publiées.

Un jury décernera un prix pour la meilleure histoire.

Commencez à en parler autour de vous, que les auteurs cachés se révèlent et se lancent à cette singulière occasion !

A bientôt pour plus d'informations !

Dozer.

mardi 18 décembre 2007

Torture de Noël

Elle le sors de la chambre froide et le jette sans ménagement. Il atterrit violemment sur une planche en bois qui ne semblait attendre que lui.

Elle s’empare de l’eau chaude qui attendait là, fumante, sur la droite. Et elle verse, lentement, afin qu’il puisse apprécier le liquide brûlant qui lui coule dessus. Le choc chaud-froid blanchi sa peau qui s’étire et se détend comme un élastique.

Elle saisi un couteau et défait les liens qui sciaient les bras de ce pauvre petit homme. Peut être songe-t-il alors à prendre la poudre d’escampette ? Qu’importe ! Il est loin d’être en état de s’enfuir. Voilà qu’elle lui écartèle les membres. Elle est folle ou quoi ? Raaah, mais c’est quoi ce truc qu’elle badigeonne sur sa peau ? C’est gras, étouffant. De l’huile par dessus… maigre consolation, cela apaise quelque peu ses brûlures. Un coup de couteau dans la chair, un autre… et c’est avec un malin plaisir qu’elle met ce produit gras dans ses plaies.

Quand cela va-t-il s’arrêter ? Il est presque à bout. Il a froid.

Voilà qu’elle met des gants, ouvre une petite porte et le met à l’intérieur. Tiens, il fait chaud se dit-il. Ouhlala… presque trop chaud… Sa peau commence à roussir. Il succombe.

Finalement, avec des frites ça passe plutôt bien un poulet fermier.

jeudi 13 décembre 2007

" Mais euh... On te l'enlève quand ? - Jamais, j'crèverais avant, connard... "

Je marchais d'un pas faussement décidé dans cette rue qui déjà dans l'air frais du soir s'endormait. Les voitures toujours coulaient en un flot incessant sur l'asphalte froid. Les esprits étaient ailleurs, fixés sur la route, et le domicile qui les attendaient, le repas, les occupations, toutes ces petites choses auxquelles on pense normalement quand la palpitation de notre vie s'éteint, nous prostrant à la solitude. Les esprits étaient ailleurs, ou plutôt non, il n'y avait plus d'esprit dans la rue froide, tous bien loin de ce trottoir que plus personne ne regardait.
Et moi, seul esprit survivant dans cet enfer hivernal, j'errais gauchement, brillant de la chaleur infernale de ma désillusion, les mains enfoncées jusqu'au fond de mes poches, la droite sur le portable, la gauche sur une chaîne. Les yeux affaissés vers le goudron mat que mes pied raclaient péniblement, j'observais les volutes qui s'échappaient de ma bouche infestée des morsures du froid. Mon esprit à moi se jetait violemment d'un côté à l'autre de ma tête, s'écorchant aux aspérités de ma boîte crânienne, à se demander quel paquet de merdes, quel enculure de castor ou quelle petite erreur commise certainement de mon propre chef m'avait amener là ce soir, alors que mon esprit aurait tant voulu se pavanner ailleurs. Dans un autre endroit, comme les autres, dans un autre corps... Ma tête tanguait un peu plus fort quand le fil de ma pensée s'attardait sur la journée de merde qui précédait ces fatidiques minutes du paroxysme d'une douzaine d'heures regrettables. La routine, encore. Le froid, encore. Cette douleur indicible qui jamais ne partait du creux du ventre, encore. Cette inlassable impression de perdre son temps, de rater des gens, des choses, des amis, encore. Cette nostalgie qui dégoulinait de chaque recoin du lycée sur lequel je posais un regard, encore. Il est intéressant de noter combien ce mal-être constant tire de sa monotonie l'originalité d'être toujours plus fort, plus profond.
La route se déroulait sous mes pas, tout près des magasins qui s'apprêtaient à fermer. Morne. Comme dernier espoir, cri plutôt que lueur, le refrain envoutant de Some People m'arrachait les tympans autant que les tripes, poussant les larmes vers ces yeux secs et désintéressés, aux sons stridant des débuts Deftoniens. Peut-être tout à l'heure tomberaient-elles...
Enfin, ma course erratique dans la nuit tombante et le froid mordant qui me brûlait depuis l'arrêt de bus m'amena jusqu'au but tant redouté de cette incartade à ma petite vie paisible. En retrait d'un parking à demi-éclairé par des réverbères qui me semblaient d'une blafarde lumière, une porte de verre entre ouverte laissait voir un sombre escalier carrelé qui montait dans l'ombre. Mon pied gauche, plus courageux que le droit, s'élança, l'autre fut bien forcé de le suivre et l'emboîta. Je montais, m'embrumais, arrivais enfin au sommet, faisais face à la porte, sonnais puis entrais.
Personne ? Et bien non, quelqu'un. Quelques-uns même.
Comme il semble amer de rencontrer quelqu'un quand la tristesse tire notre coeur vers la solitude, quand nous voudrions cacher ce mal qui nous ronge, mais qu'alors la société nous pousse dans nos retranchements et attise notre haine contre cette fraîcheur et ce soulagement que procure l'Humanité.
Une mère, dans la quarantaine. Le stéréotype des mères à la con de classe sociale moyenne relativement aisée quand même, avec ses fringues moches faites pour la quarantaine, celles qu'on leur dit qu'elles font plus jeunes, moins grosses, plus tendance. Et puis un sac à main, bien sûr. Bien gros, bien rempli. En cuir, tout le monde s'en fout de savoir si c'est du vrai, à part peut-être la propriétaire. Moi en tout cas, je m'en foutais. Je la regardais, debout face à la rangée de chaises de la salle d'attente, concentrant dans mes yeux toute l'arrogance et tout l'insolence que je renfermais au plus profond de moi. J'essayais de donner un semblant de contenance au tas de merde que je formais sur le carrelage, arrosant toute la pièce blanchâtre d'une haine adolescentesque sans fondement envers la société, la hiérarchie, l'adulte. La capuche relevée sur la moitié du visage, le pantalon trop large qui tombait sous les chaussures, la démarche traînante à l'excès, les bracelets protubérants qui cliquetaient de toute part, la bouche déformée en une expression démente, et enfin le riff abrasif des Deftones qui me déchirait toujours les oreilles d'une sombre puissance, inondant la pièce de bruits saturés qui s'échappaient de mes écouteurs, tout en moi concourrait à créer ce sentiment si délectable, la provoque. En cet instant, je considérais face à moi le symbole du stoïsme rigoureux et du sérieux bien comme il faut d'une société d'adulte détestable, visant à l'altérer, l'écorcher, la révulser de mon attitude. M'aggripant sans me l'avouer à ce sentiment de haine qu'a la jeunesse, me dissimulant sous l'étiquette des incompris d'un monde vieillissant, je m'appliquais avec soin à l'emmerder, glissé dans la peau de cet adolescent dégoulinant de mal-être. Peut-être qu'elle n'y prêtait pas attention, comme moi vis-à-vis de son sac à main. J'espérais tout au moins qu'elle ne m'aimait pas, qu'elle me jugeait. L'idée m'aurait soulagé, m'inscrivant dans une sorte de causalité universelle où ma tristesse ne dépendait pas de moi...
A côté d'elle, une fille. Sa fille. Une dizaine d'années, la mine décousue. Elle portait de ses dix petits doigts cette trousse bleue transparente que je haissais tant, qui me projettait dans un autre temps, de l'avoir eu, moi, à un âge où on n'en donnait plus, putain. Physiquement comme sa mère, en plus petit. Peut-être un peu plus à la mode aussi. Elle avait déjà des Converse coloriées au bout d'un affreux slim qu'un rat ne remplirait pas. Son petit frère de trois ans murmurait les si belles inepties de cet âge innocent, renversant encore et encore les jouets à moitié cassés dans un vacarme épouvantable. Dehors, la nuit toujours.
La porte du cabinet, en face de l'entrée, s'ouvrit à la volée à l'instant où je m'affalais sur une chaise en plastique. La secrétaire en blouse blanche de ce bon monsieur Carbonnelle se rua derrière son comptoir, tandis que de derrière la porte, le dentiste, à demi courbé sur une jeune patiente qui vivait l'enfer, me lança : "J'arrive Clément hein, un petit instant."
La porte se refermait. Va crever.
Enfin, mon tour vînt, je laissais derrière moi l'objet de ma haine inconsidérée et pénétrait dans l'arène.
"Alors Clément, ça va bien ?
- Hmmm."
Je lâchais pêle-mêle mon sac de cours, mon lecteur CD et mon manteau devant son bureau bien ordonné, et considérait cet homme qui me parraissait d'un seul coup si hyppocrite.
"D'accord, bon et bien on y va alors ! Qu'est-ce qu'on devait faire aujourd'hui Clément ? lâche-t-il conventionnellement en roulant jusqu'à son ordinateur.
Me barrer. Long silence. Qu'il aille se faire foutre, je ne répondrais pas.
"Ah oui, on pose les bagues en bas, c'est vrai. Installe toi.
- Hmm.
- Tu me prépares ça ? dit-il, s'adressant à la secrétaire."
Comme il a dit, je m'allonge en soupirant. Au dessus de moi, le quadrillage lumineux de l'éclairage me fait presque fermer les yeux. Nouveau roulement de fauteuil. Je ne vois plus la lumière, à la place, sa grosse tête se penche sur ma cavité buccale. Des cheveux bien peignés, gominés on dirait. Des naseaux pointus qui reniflent légèrement, des lèvres fines, des yeux froids. Calme toi. Ses petits pores de la peau, ces minuscules imperfections sur lequel chaque client s'attarde une seconde me saute aux yeux, à quelques centimètres. Tandis que ces mains gantées de plastique fourragent dans ma bouche. Et que je t'envoie de ces phrases à la con : sers les dents. Ouvre la bouche. Aligne tes dents du fond. Oh, c'est très bien pour le brossage de dents.
" Bon Clément, on y va ?
- Hmmm."
Nan connard, va te faire foutre toi et toute la merde que tu t'apprêtes à me coller sur les dents. J'en ai rien à faire de tes phrases incipides, de tes conseils de merde ! Si je pouvais, j'en aurais de la putain de conversation, mais j'écorcherais chaque mot qui sortirait de ma bouche, j'arriverais même pas à dire tout ce que j'ai, là, pour toi. C'est peut-être pas ta faute si ça tombe sur toi, t'es rien de plus que les autres, tu mérites peut-être pas ça, mais j'y peux plus rien.
" Ouais, on y va.
- Ok, alors rouvre la bouche."
Il fouille, ses mains font l'aller-retour entre ma bouche et sa petite tablette, là où tout se prépare. Sa face blafarde remue toujours au dessus de mon nez. La frustration sourde qui sommeille en moi s'éveille en soubresauts difficiles, et imperceptiblement, je soupire. Desespéré. Comme condamné à mort.
Et alors je me rappelle. Cette belle après-midi de fin d'été, quand le soleil encore lançait généreusement ces rayons rassurants sur chaque parcelle de la terre, quand la chaleur nous incommodait presque. Je me revois descendant ses marches d'où je viens, que j'emprunterais tout à l'heure. Je me revois, suivant ma mère qui n'ose plus parler, et moi qui retient les larmes. Je me remémore cette sensation de déshumanisation, de perte de repères, l'impression de rajeunir comme on ne le voudrait pas, l'impression injurieuse de n'être plus crédible. Monsieur m'avait alors déjà mis un pied dans la tombe, avec son appareillage inutile, et j'en suffocais de tous les sentiments les plus négatifs que le coeur de l'homme peut porter. Maintenant, je finissais de creuser mon caveau, pour descendre un peu plus bas dans la tombe. Pour deux ans seulement. Ben tiens. Les deux seules années de ma vie que j'aurais voulu vivre plus que n'importe qu'elle autre. Trop tard.
On se croirait dans un film. J'entends dans ma tête raisonner un de ces refrains de ballade déprimante qu'on entend toutes les trois minutes dans les séries américaines, puisque Deftones n'est plus là. Here come's a regular emplit ma tête, et l'autre connard de merde toujours m'observe avec ces yeux de loutre. Putain... Méticuleux. Sûr. Con. Pour lui, ce n'est rien d'autre qu'un petit acte du quotidien. Il a l'air de penser que tout est facile, voire que je suis content. Surtout con, maintenant le temps... C'est trop tard de toute façon. Les pinces coupent, la colle se prépare, la secrétaire pose les petits objets en céramique. Tout est prêt ca y'est. Toujours les néons au dessus de moi me frustrent. On dirait qu'il y a tout juste assez de lumière pour donner envie de fermer les yeux.
Et c'est parti.
La petite pince, avec un point rose au bout. Les mains qui font l'aller-retour, et hop, l'ensemble disparaît dans ma bouche. Hmmm, comme c'est désagréable.
" Et de une ! Normalement ça doit très bien coller hein, ne t'inquiètes pas."
J'aurais pu lui scander un de mes "hmmm" favori, mais non, je peus même pas sortir un son. Déjà parce que j'ai la gueule grande ouverte, ensuite parce que je suis suffoqué à nouveau. Je me rappelle les escaliers qui redescendent, là où tout est fini, ça y'est. Enfin non. Tout le bien est fini, il ne reste que la joie de vivre avec cette petite chose qui conforte le trou de la sécu. Les petits points noirs de sa peau, les petites rougeurs, chaque petit pore d'où partira cette nuit un poil qu'il coupera demain au fil de son rasoir, tout. J'exècre tout en lui.
Un feu virulent ravage tout mon être, je n'en puis plus, à mesure que ces mains pourrissent interminablement la moitié de mon sourire, il faut que je crie, il faut que j'explose, il faut que tout s'arrête. Mon coeur bat à tout rompre, toujours ce visage affreux me fixe, et moi dans ses yeux je vois tous les visages qui me croisent. Je les vois rire, je les vois me contempler là, tout seul dans le noir de la honte. Moqueries, déceptions. Je dois crier, je dois exploser, je dois tout arrêter...
Je crie. J'explose. Tout s'arrête.
Enfin non.
Pas vraiment.
Je crie, horriblement. Je m'égosille, alors que ces doigts sont en moi. Mais avant même qu'il n'esquisse un retour, ma bouche se referme.
Sur ses doigts.
M. Carbonnelle peut réagir maintenant. Il hurle de douleur quand, sous la pression de ma mâchoire, ses deux doigts condamnés craquent dans un bruit. Le sang chaud inonde ma bouche et une flamme démente s'allume dans mes yeux. Quant à lui, quant à ses yeux, ils paniquent. S'agitent. Le pauvre homme transpire et se débat comme un goret, voulant échapper à son sort.
Mais non Monsieur Carbonnelle, le choix est fait. C'est trop tard maintenant...
Je relâche mon emprise sur les doigts ensanglantés, il les retire aussitôt mais, entraîné par son recul, tombe à la renverse.
Assez de temps pour que je me lève de l'échaffaud, et que je me précipite vers lui les crocs en avant. Alors, dans une rage indicible agitée des soubresauts déchaînés de la haine, je le lacère de coups, de griffures, de morsures... Dardant sur lui mes yeux, qui ne sont plus que deux fentes rougeoyantes, il me semble voir, imprimées sur sa face violacée, les marques distinctes de mes bagues.
Indicible délectation.
Toute ma douleur fond sur lui sans que je n'y puis rien contrôler. Mon sourire sanguin l'observe se trémousser au sol en spasmes monstrueux. Tel un psychopathe je ne le quitte plus, je le regarde froidement souffrir. Le sang gicle en jeysers sur le carrelage et les murs. On ne retrouvera que vos belles dents bien blanches quand j'en aurai fini, Monsieur Carbonnelle.
La secrétaire reste figée au bureau, les yeux ouvertes. On la croirait morte, elle n'ose pas même bouger un cil. Tant mieux, le tableau n'en est que plus beau.
J'en prends tout mon saoul, je me rince l'oeil encore et encore. Je ronge ces membres meurtris, j'ampute chaque orteil, chaque doigt, toujours dans des flots de sang et de pus, dans des craquements sonores glaçants. Qu'elles sont solides mes dents, avec votre appareil !
Enfin, je m'arrête. Ma rage retombe, l'horreur plane encore sur la pièce. Dehors, la nuit toujours.
Il se traine au sol, implorant. Des râles pleurnichards se fraient un chemin dans sa bouche déchiquetée. Le tas de chair qu'il représente glisse dans la mare rougeâtre dès qu'il tente un mouvement.
Alors, tranquillement, j'essuie mes mains sur mon sweat, rabas la capuche et me saisit de mes affaires, près de la secrétaire. Quand je la regarde elle crie un peu, puis se tait aussitôt.
Je lui souris. Aux commissures de mes lèvres luisent encore des gouttes de ce sang qui est partout. Le sang de mon patient. Ma langue se trémousse dans le liquide qui stagne entre mes dents.
Plus jamais...
Je sors.
Les escaliers, presque sans pensées. Puis le trottoir de nouveau. Personne, cette fois-ci. Le froid à nouveau envahit, la torpeur, la nuit, la vie, la routine. Et je marche, de nouveau. Toujours un pas devant l'autre, à me demander ce que je fais là.


RENDEZ-VOUS FIN JANVIER A SAINTE LUCE CHEZ MONSIEUR CARBONNELLE !

mardi 4 décembre 2007

Liste non-exhaustive

Se replonger dans un bouquin d'enfance, en reconnaître l'odeur et renouer avec cet enfant, retrouver ses impressions, son innocence;
les voyages en train;
ce début de mesure jouées par l'ensemble des cordes dans la Belle au bois dormant de Tchaïkovski;
l
a voix d'Ella;
t
rouver enfin LE mot, L'expression qui correspond parfaitement à ce bout de phrase en anglais après vous être trituré l'esprit pendant plusieurs jours;
l
es coïncidences toutes bêtes qui donnent l'impression d'être plus proche d'une personne que la secondes d'avant;
"Oh yes they fucking do";
le bruit de la fine couche de chocolat qui craque sous la dent lorsqu'on entame un Pim's à la noix de coco (ça marche aussi avec un Magnum);
c
ette délicieuse sensation lorsqu'on se rend compte pour la première fois qu'on est désiré, un mélange de surprise et de plaisir qui fait rougir;
s
e rendre compte grâce à un détail, un moment complètement anodin qu'on aime une personne;
observer le défilé de retrouvailles de la fontaine St Michel;
l
a musique de la conversation des British assis à côté de vous dans le métro;
l
a...grâce ? il n'y a pas de mot...d'Audrey Hepburn;
piquer un fou rire déclenché par un simple échange de regards avec une personne qui a pensé la même chose que vous au même moment;
ê
tre un peu pompette, juste comme il faut pour être désinhibé mais pas assez pour faire une déclaration d'amour à l'inconnu qui vient vous demander du feu;
p
orter le sweat d'un mec ;
rire aux éclats ou pleurer à chaudes larmes pendant toute la séance et ressortir en râlant parce que le film "était nuuuuuuuul !";
p
rendre un nouveau-né dans ses bras pour la première fois, le découvrir, le laisser s’habituer à votre odeur et sentir immédiatement une bouffée d’amour immense totalement incontrôlée et inattendue vous envahir : ouah, je suis tata ! ;
r
entrer chez soi après une longue balade dans le froid humide et boire un chocolat chaud emmitouflé dans une couverture;
r
egarder bien au chaud de sa fenêtre les gens se mettre à courir et les vélos accélérer pour se réfugier de la pluie lorsqu’une averse soudaine s’abat sur la ville;
h
abiter au rez-de-chaussée dans une ville encore inconnue et entendre ses habitants s’agiter, se presser, rire, discuter et cet homme qui siffle l’air de Kill Bill (avec un léger frisson dans le dos en se rappelant la scène du film);
boire un vin chaud et manger une crêpe chocolat-banane-noix de coco, sous la neige, au marché de Noël de Heidelberg;
déballer de son plastique un CD, ouvrir le lecteur et l’écouter en boucle pendant une semaine;
l
es milliers de frissons qui parcourent le corps à chaque seconde d'un concert;
d
écouvrir une ville en se perdant dans ses rues;
« What came first, the music or the misery?
People worry about kids playing with guns, or watching violent videos, that some sort of culture of violence will take them over. Nobody worries about kids listening to thousands, literally thousands of songs about heartbreak, rejection, pain, misery and loss. Did I listen to pop music because I was miserable? Or was I miserable because I listened to pop music? »*;
appuyer sur le bouton de l’appareil et avant même que l'image ne s'affiche sur le petit écran, savoir qu'on a réussi à saisir ce visage insaisissable à la fraction de seconde même où il était parfait...


And many more...

* High Fidelity, Nick Hornby


lundi 3 décembre 2007

premier jet

Bris de glace.

Sur l’étendue des eaux, une brume laiteuse se dissipe peu à peu. Pour seul phare le reflet des belvédères, autant de soleils enfouis sous la surface ondulante; pour seul esquif une frêle barque au bois vermoulu, seul sertissage digne du temps, qui, langoureusement, passe, s’étiole sous nos regards impuissants, s’effiloche entre nos doigts vieillissants. Les profondeurs insondables, nature obscurcie, obombrée par l’épanouissement de l’Homme, regorgeant de mystères inavouables, embaument d’une âcre amertume. Le long du serpent, vergeture grotesque tranchant l’urbanité en deux entités sécables, monstre bicéphale s’il en est, une verge impulse un mouvement lent, régulier, à une barque, comme un cœur moribond qui continue de battre, mais dont chaque battement semble s’arracher, à chaque fois davantage essoufflé, aux griffes acérées d’un vorace Kronos. Le père est mort. Aphrodite guette la chute de la semence originelle ; les Euménides et les Nymphes se débattent dans son sang.

Attentes.

Sous le pont au change, une grande figure encapuchonnée, recourbée sur elle-même, embryon ad mortem, passeur séculaire, venu reprendre ce qui lui avait échappé, chante l’hymne ad vitam (aeternam, faut-il qu’il m’en revienne, fuit à nos ébauches de définition).
Ce doux murmure envoûte. L’ébaudissement des animaux nocturnes s’affadit, disparaît, cédant à une macabre pression inarticulée, échappant aux sens, et pourtant bien présente dans les âmes encore éveillées. Frottement rauque de la barque qui accoste le quai, rive droite. Le spectre sort de sa besace un moineau, sans vie, le dépose en une pose marbrée.

Subitement, un souffle l’assaillit. Une dague le transperce. Le rideau de brumes, voile de Maya et sibyllines frontières du spirituel, s’effondre. La mort pâlit. Son vaisseau se désagrège, et, tel le parfum volatil s’envolant avec la première bise, disparaît. Le soleil gagne du terrain. Le moineau se dégourdit les ailes, sautille d’une joie à peine recouverte, se pâme devant la vie naissante ; il lui faudra la séduire une seconde fois- mais là est bien le tenant de la chose : une SECONDE fois. Car nous renaissons.

Crépitement du feu.

dimanche 2 décembre 2007

portrait d'un dimanche au crépuscule

Un dimanche pluvieux.
Le conflit harmonieux des éléments crée cette douce passivité dans l'âme humaine, que seule peut adoucir une tasse de thé fumant.
Mais...quelque chose détonne.
Quelque chose entrave le vibrant unisson de la nature.
Du haut du ciel, un murmure.
Du sol, rien.
D'où donc vient cette dissonance qui noircit ce tableau d'un doux après-midi de lassitude?
De la Seine, on entend déjà mieux.
De la rue des St-pères, le son se précise.
Approchons-nous de la rue du Pré-aux-Clercs.
Ah, qu'entends-je au numéro 16?
Grimpons subrepticement jusqu'au 6ème étage.
Ouvrons ce velux d'où jaillit une artificielle lumière et un cri, clair désormais:
PUTAIN DE BORDEL DE MERDE D'EXERCICES D'INTERPRETATION A LA CON! CHIER!

vendredi 23 novembre 2007

ça arrive

Madame, Monsieur

Suite à une opération de lavage de pantalon peu judicieuse, l’élément vital de ma rémunération a décidé, sans mon accord, de se faire oublier dans une des poches de ce même pantalon.


Bien mal lui en a pris car détérioré il en est sorti.

Il m’est donc impossible de rentrer l’E-Code incomplet sur mon compte en ligne (seules lettres lisibles : XCS PNN)

Cependant, à croire que la chance est de mon côté, le numéro du coupon lui est tout à fait lisible.

Votre très chère Elodie m’a donc, par téléphone, proposé de vous envoyer ce coupon et ce sous le bon conseil de votre service gestion.

Le voici donc ci-joint et, en espérant que son acte suicidaire ne me soit pas préjudiciable, je vous remercie de votre attention.

PS : comprenez que je préfère en sourire plutôt que de me lamenter.

lundi 19 novembre 2007

sur le sol

Aujourd’hui je me prends en main.

Cela fait plus de deux mois que je n’ai pas de travail, et bien que j’aie économisé les mois précédents, mes réserves commencent à s’épuiser.

Je n’ai jamais été vraiment sûr que s’installer à Paris serai une vraie bonne idée. Je ne sais même plus exactement ce qui a motivé ma décision sur le moment. Mais peu importe, j’ai maintenant cet appart’, mais il n’est pas gratuit. Ces factures s’accumulent et l’argent qui s’écoule…

Aujourd’hui je me prends en main.

J’ai tout prévu, j’ai mon CV sur une clé USB, je l’ai remis à jour et en plus j’ai mis une photo qui me ressemble. Je sais déjà où je vais le déposer, je vais même aller m’inscrire à l’ANPE. J’ai pris un rendez-vous la semaine dernière avec eux.

Il est 8h15, je sors de mon appart’, je descends les marches des cinq étages 4 à 4 tout en enfilant mon long manteau. J’ai l’air plus sérieux avec ce manteau, en tout cas c’est ce que disait mon ex copine, avant qu’elle ne me quitte le mois dernier… De toutes façons ça ne peut pas me faire de mal d’avoir quelques éléments de mon côté !

Premier rendez-vous, il me faut à peu près 15 min pour y aller, je devrais y être à temps !

Aujourd’hui je me prends en main !

Je traverse, je m’arrête. Je n’en crois pas mes yeux, j’ai souvent imaginé ce que je ferai dans ce genre de situations sans jamais avoir eu l’occasion de les vivre…elle est là étendue devant moi…je reste figé, l’homme de la voiture sort précipitamment et se penche vers le corps qui gît, là, devant moi.

Je suis pétrifié. Quelqu’un me demande d’appeler les secours, je n’ai plus de forfait sur mon portable, c’est tout ce que je trouve à répondre. J’enjambe le corps et avance, raide comme un piquet. J’avance, mais je ne sais plus trop vers où.

Un café sur ma gauche. J’y entre, je m’assois à une table disponible, je laisse tomber mon manteau à côté de moi. Je fixe ma table. Les clients tout autour de moi se sont agglutinés près des fenêtres pour contempler le triste spectacle.

Je commande un café. Noir. Serré.

vendredi 2 novembre 2007

Il s'enfuit

La rue s'étandait devant lui, pourtant il continuait à la parcourir en espérant arriver au bout un jour. L'obscurité l'empéchait de voir précisément où il mettait les pieds. Il devinait son chemin à mesure qu'il se dévoilait à ses pas.
La brume d'avant l'aube enbuait ses yeux. De temps à autres, la lumière d'un réverbère rappelait que ce quartier est habituellement plein de vie et d'histoires.
Il trainait là depuis un moment, porté par la mélancolie du noctambule, le silence paisible alourdissait son rythme.
Pourtant, au loin, en bas de ces escaliers, quelque chose détonait...curieux il s'avançait vers ce fol espoir de nouveauté.
Sans se décourager il s'approcha de ce batiment. Il y avait de la lumière, de la chaleur et le son de voix qui s'en échappaient. Intrigué il alla jusque dans l'immeuble. L'odeur de thé encore chaud le mena jusqu'au premier étage...Trois portes devant lui...
Un rire lui permis de deviner quelle porte à laquelle frapper.
Quelle suprise quand il entrait dans ce couloir. Toute cette lumière, cette vie et cette énergie.
Son étonnement fut tel qu'il en oublia sa propre existance, il se laissait aller comme au zénith du soleil, quand les hommes s'affairent à leurs activités, il se prenait au jeu et accompagnait dans son fol enthousiasme tout l'appartement.
Un peu plus tard, le temps décida qu'il en avait assez, il quitta l'appartement, et tout redevint calme.

La lumière s'est éteinte, le silence se fit pesant.
Pourtant, à quelques différents endroits dans le quartier, quelques lumières commencaient à s'allumer, quelques odeurs commencaient à s'élever dans l'air. La vie reprenait son cours normal. Au plus grand soulagement du temps.

[ oui chez nous, le temps est relatif, et il passe super vite...]

Brèves de train

« Bonjour et bienvenue dans le train numéro (je m’en souviens pas), Je m’excuse, ainsi que la SNCF, pour ce retard, on a eu un contre temps avec la mise en place de la locomotive, sincèrement désolé. »


Aujourd’hui j’ai eu la joie de partager mon voyage en train de Mulhouse à Paris en compagnie d’illustres inconnus. Je n’ai évidement pas pu m’empêcher de les observer tout le long du voyage.

Il faut dire que pour une rare fois je n’avais pas de musique sur mon lecteur mp3 et surtout aucune lecture sur moi, enfin si, mais s’agissant d’une BD sans texte, ça ne suffit pas pour tenir 5 heures de trajet.

Cependant, les trois personnes autour de moi avaient un point commun, futile peut-être, mais il m’a fait tilter. Ils lisaient…

Bah quoi ? Lire ? C’est pas l’activité la plus répandue dans les trains ? Oui, oui, certes, mais là c’était une situation bien originale, le premier, la trentaine bien tapée avec une calvitie prononcée, lèvres pincées, regard stricte, attitude réservée lisait le révolutionnaire mais bien pensant magazine Marianne. Une posture toujours droite dans son siège un regard concentré sur sa lecture linéaire, c’est à peu près tout ce que j’ai pu en voir dans un premier temps. M’enfin, il ne donne pas trop envie de lui adresser la parole, chacun de ses mouvements semblait se plaindre de sa situation. Parisien va !

Le second, la vingtaine, mal rasé, cheveux courts, changeait régulièrement de posture, un temps sur son côté gauche, un temps sur son côté droit, jambes croisées, allongées, recroquevillées, bref, une attitude beaucoup plus nerveuse que le premier. Cette attitude était d’autant plus flagrante lorsque qu’il se passait machinalement une main dans les cheveux une bonne dizaine de fois pour recommencer quelques minutes plus tard, ou sa manière de faire frotter les coins des pages avec son pouce. Regard aléatoire, régulièrement en train d’observer autour de lui, sa concentration semble fonctionner en sursauts. Sa lecture ? Tom Clancy’s Op Center, roman à suspens mettant en scène des unités spéciales d’intervention qui a vu la naissance d’un jeu vidéo d’action du même nom que l’auteur. A tous les coups celui là c’est un gros joueur de jeux vidéos, il doit avoir un PC surpuissant, et plein de DIVX sur son disque dur externe ! Yeah !


Le troisième, approchant la quarantaine, cheveux mi-long, une fâcheuse tendance à se frotter une mèche de cheveux entre son index et son pouce pendant sa lecture assidue de science et vie.

Son regard, parfois totalement acquis à la cause de son article, s’autorisait des incursions dans mon domaine de l’observation. Ses yeux globuleux et son regard fixe sur l’objet de sa curiosité laisse à penser qu’il ne ressent aucune gêne à observer les autres. D’ailleurs, le magazine de son voisin, Marianne (le magazine et pas le nom du voisin) l’a intéressé et il ne s’est pas privé de lire par-dessus l’épaule !

Son attitude, "j’en sais plus que toi", est assez agaçante, mais peut-être est-ce juste parce qu’il fait comme moi… j’aurais dû réserver le droit à l’observation des inconnus. Non mais !


Sont-ils tous complètement absorbés par leur lecture ? Pas tout à fait, en effet régulièrement et chacun leur tour, ils se sont furtivement endormis devant leurs pages !


Un peu plus loin devant, un couple et leurs deux enfants (un garçon et une fille) passent du bon temps, ils parlent discrètement, ne s’énervent pas, et les enfants ne se disputent pas, au contraire, ils s’amusent à des jeux dans une grande complicité. Le jeu préféré du garçon est de profiter de l’assoupissement des parents pour piquer plus ou moins discrètement des gâteaux ou autres confiseries. Mais l’intérêt du jeu est nul si les parents ne s’en rendent pas compte, alors les rires entre les deux enfants servent de signalement d’une bêtise gentillette aux parents.


Sur ma droite 4 personnes qui n’ont pas réservées de places, un couple d’origine indienne dans la soixantaine, une jeune fille dans les 25 ans, et une femme dans les 35 ans, leur sujet principal de conversation est celui des placements dans le train, l’étonnement face au manque de sièges disponibles, et l’interrogation sur l’attitude à prendre si quelqu’un vient pour réclamer sa place réservée…


Dans son micro, l’employé de la SNCF peine à faire ses annonces, le matériel certainement aussi vétuste que le train semble rendre l’âme, son message à presque toutes les gares se résume donc à « bonjour la SN….train….paris esss…billets doiv….mercie de votre attention et vous souhaites un agréable voyage ».

Une mère et son enfant en bas âge entre dans le wagon par la porte la plus éloignée de moi, elle a le regard fatigué, et elle ne tente pas de paraitre en pleine forme bien au contraire, c’est donc avec une gentillesse toute simple qu’une passagère lui laisse sa place à coté d’elle. 10 min plus tard, cette passagère a perdu son sourire de politesse et son plaisir d’avoir rendu service, en effet, l’enfant braille et la mère peut-être autant. Du coup, les lecteurs MP3 et leurs oreillettes apparaissent aux oreilles de la majorité des passagers de cette voiture. Pas pour moi, et oui, la musique n’a toujours pas voulu apparaitre comme par magie sur mon lecteur à moi…

Troyes, des scouts, beaucoup de scouts, trop de scouts, bruyants, joyeux, niais et fatigués, ils encombrent les voitures pour rester groupés…mauvaise idée, mais en fait ils n’ont pas le choix.

Comme je n’ai rien dans les oreilles j’en apprends beaucoup sur l’organisation des scouts, même si leur jargon m’est inconnu j’arrive plus ou moins à suivre leur conversation…pourquoi des shorts ? Mais parce que c’est bien plus pratique, 20 000 mille fois au moins, et puis quand il pleut tu gardes moins de tissus mouillé sur toi, et puis, quand il fait chaud, tu as moins chaud, et puis c plus vite fait à laver et puis… Non en fait ça doit juste être par tradition, puisque pour les filles, les pantalons sont autorisés. Mais les ceintures ? c’est pas obligatoire mais c'est pratique…le chapeau ? Pas obligatoire non plus, mais comme tout le monde en a, si tu en as pas, tu en achètes un. Et pis c’est pratique, quand il pleut ça te protège, et quand y’a du soleil, ça protège aussi. L’été dernier sous la canicule, ça nous a beaucoup aidé ! Génial !

Le micro du train a retrouvé ses esprits, moins sûr pour celui qui s’en sert. Assis les uns sur les autres, on écoute cet instant qui fait sourire.

« Bonjour bienvenue sur le train en direction de paris Est, direct à partir de maintenant, heu, hu hu, je voudrais vraiment m’excuser pour les conditions exécrables de voyage, et heu, c’est vraiment intolérable je vous invite donc tous à prendre contact avec le service client de la SNCF, et heu, qu’est-ce que je voulais dire ? Ah oui, bonne année quand même et meilleurs vœux. Encore désolé ! Hu hu hu »


Sans musique, le train, c’est passionnant.


Paris Nantes ?

J’ai de la musique, j’ai sorti mon ordinateur, j’ai rangé trois sacs lourds de trois inconnues, et je me suis décidé à taper ce que j’ai vu entre Mulhouse et Paris. Je me suis souvent demandé ce que ça ferait si je tournais mon ordinateur et que je demandais à la personne d’en face de lire ce que je viens d’écrire. Je l’ai fait, la fille en face me devait bien ça, je lui ai monté son sac !

Elle s’est pas mal débrouillée, ne s’est pas laissée démontée par cette singulière invitation. Elle a lu, n’a pas montré trop de réactions, mais a lu en entier pour finir avec un « intéressant ! ».

Pas très original comme conclusion ? En même temps c’est difficile de dire autre chose. « Ouha ! c’est naze ! » eut été vexant, un « excellent j’adore » aurait été entreprenant. Un intéressant finalement ça passe tout seul.

J’avais pas prévu de parler d’elle dans ce texte mais bon, elle l’aurait souhaité apparemment, excès de zèle je viens de m’appliquer à l’y intégrer.

Maintenant elle retourne à ses activités studieuses. C’est mieux, et ça occupe.

café ? thé ?

- Un café s’il vous plait.
- Avec ceci ?
- Juste un café merci.
- Juste un café ?
- Oui, oui, juste un café, merci.
- Pourquoi juste un café ?
- Eh bien, parce que je ne veux rien d’autre qu’un café !
- Au moins vous n’êtes pas difficile, mais vous allez vous ennuyer le reste de votre vie, un café c’est vite fait, pas terrible comme objectif.
- Mais ? Non ! Je veux un café maintenant, ce n’est pas tout ce que je veux !
- Eh bien il faut savoir, du lait peut-être ?
- Non, non, un café nature. Pour le moment.
- Et si le café vous plaît, vous y ajouterez du lait ?
- …non ! S’il me plaît je n’ai aucune raison d’y rajouter quoi que ce soit !
- Un café vous satisferais donc ?
- Oui, merci.
- Alors pourquoi dire un café « pour le moment » ?
- Enfin ! Parce qu’un café ce n’est pas tout dans la vie !
- Oui il y a le lait, le sucre, le chocolat…
- Mais, non, le café, c’est seulement parce que j’ai envi d’un café.
- Et si vous aviez envie d’un thé ?
- Je demanderai alors un thé…
- Votre envie peut changer ?
- Oui.
- Comment savez-vous alors que vous voulez aujourd’hui un café ? Etes vous sûr de ne pas être un jour à thé ?
- Eh bien vu que j’ai envie d’un café, je suppose que je suis un jour à café…
- Vous en avez envie parce que c’est un jour à café ? Ou est-ce que c’est un jour à café parce que vous voulez un café ?
- Je…j’en sais rien !
- Du coup vous savez vraiment ce que vous voulez ?
- Non, mais un café fera l’affaire !
- Et si ça ne fait pas l’affaire ?
- Ca ira.
- Comment être sûr ?
- En essayant.
- Donc vous voulez un café pour être sûr que c’est bien d’un café dont vous avez envie ?
- Non, j’ai envie d’un café parce que ça me donnera un peu de nerfs pour la journée qui s’annonce difficile !
- Alors ce n’est plus de l’envie, c’est un coup de pouce.
- Si vous voulez.
- Moi je ne veux rien.
- Moi je veux un café.
- Non, vous en avez besoin.
- D’accord : j’ai besoin d’un café.
- Pourquoi ? Pourquoi pas un thé ?
- Parce que je préfère le café.
- Comment être sûr ?
- Je ne peux pas être sûr, mais je sais que ça marche.
- Comment le savez-vous ?
- Parce qu’à chaque fois que je me sens fatigué et que j’ai besoin d’un peu de nerf, je prends un café.
- Et ça marche ?
- Oui.
- Si vous en prenez à chaque fois, vous ne savez pas ce que ça fait sans en prendre, peut être que ça marcherait mieux avec un thé.
- Mais je n’aime pas autant le thé que le café.
- Pourquoi ?
- Parce que,… je ne sais pas moi ! Je préfère simplement le café. J’en ai besoin pour la journée.
- Ah.
- Je sais ce que vous allez dire…
- Ah ? Moi pas…
- Si, si, vous allez dire que…non en fait je ne sais pas ce que vous alliez dire.
- Zut, ça avait attisé ma curiosité…
- Vous êtes curieux ? Je n’avais pas remarqué !
- Vous savez toujours ce que vous voulez ?
- Oui, un café.
- Tous les jours ?
- Tous les jours.
- Le même café ?
- Tout dépend, mais un café tous les jours oui.
- Rien d’autre ?
- Rien d’autre.
- Votre journée est vite pliée.
- Mais non évidement, il y a d’autres choses que je veux dans une journée !
- Comme quoi ?
- Je ne sais pas, plein de choses !
- Je ne vous trouve déjà pas très clair au sujet du café.
- Et alors ?
- Et alors je n’ose pas imaginer ce que doivent être vos autres choix de la journée.
- Je m’en sors pas mal merci.
- Sûr ?
- Sûr.
- Sûr comme vous êtes sûr d’aimer le café et de son efficacité pour votre journée…
- Je…
- Vous ?
- Vous ne me connaissez pas, vous ne pouvez pas savoir !
- Mais je connais le café, si on n’est pas clair avec un café je ne vois pas comment vous pouvez faire d’autres choix judicieux.
- Je fais au mieux.
- Je vois ça.
- Votre café vous est toujours d’une aussi grande utilité ?
- C'est-à-dire ?
- Vous en voulez peut-être un autre ?
- Pourquoi ?
- Parce que je pense que le votre est maintenant froid.
- Ah ! Effectivement, à force de vous parler…
- Votre premier choix de la journée n’est pas couronné d’un grand succès.
Un thé peut-être ?

Parlez, je vous lis très bien

Parfois, dans un voyage long de plusieurs heures, on peut s’ennuyer à mourir. Et à d’autres occasions, on peut faire de singulières rencontres !
L’air râleur, le manteau remontée jusqu’au menton, les cheveux mal coiffés, et sans même se retournée vers moi, continuant à scruter le panneau des horaires de Roscoff elle me demande « tu parles français ? ».
Pas de doute, c’est à moi qu’elle s’adresse, cette demoiselle à barbe. J’ai bien vérifié, dans la rue, un chat qui miaule en bas d’une fenêtre, un car qui attend devant la gare, des mouettes qui tournent au grès du vent, pas de doute c’est à moi qu’elle s’adresse.
Je lui réponds donc, et s’entame alors une conversation de courtoisie, après tout, on a deux heures d’attentes avant le prochain TER, et ni l’un ni l’autre n’a spécialement envie de les passer sans rien faire.
Rapidement, je me rends compte que cette femme d’environ 30 ans a bien plus de choses à dire que moi, je sens bien que je n’aurai qu’à prouver mon attention par intervalles réguliers pour alimenter son flot de paroles.
Je me laisse entraîner des les méandres de ses anecdotes, j’ai du mal à y croire, dans un premier temps, je réagis avec appréhension, pour qui elle me prend ? Croit-elle me duper ?
Et puis je me dis, si c’était vrai ? Et même si ce n’était pas vrai ? Ais-je un mouvement de recul face à un roman ?
Alors je la laisse faire, parfois même je l’encourage, dis m’en plus sur le père de ton mari ?
On est maintenant assis dans le café du coin autour d’une boisson chaude, les habitués du village sont là en cette matinée dominicale.
Certainement on doit être une petite attraction, moi et mes bagages, mes gros sacs, et elle, la femme à barbe qui ne cesse de parler.
On critique un temps la politique française, dont je ne suis plus tout à fait au courant depuis que je suis parti en Angleterre, mais qu’importe, depuis quand doit on en savoir pour critiquer des choses ? Alors on critique la politique anglaise. La conclusion est triste à dire, le monde va mal, anglais comme français, les politiques sont tous pourris ou presque. Je m’amuse à aller complètement dans son sens. La population devrait revenir à la terre, à des choses concrètes, l’autarcie c’est difficile mais c’est possible, toute cette société de consommation, toute cette perversion, tout ce mal entraîne un dessèchement spirituel…Les gens ne se parlent plus, les gens ont peur, et les gens qui ont peur sont agressifs…Le monde va mal.
Mais ces sujets ne m’aide pas à m’évader dans un monde inconnu, je l’invite à plus me parler de sa famille, de son mari…

Il est indien, il n’a jamais vraiment été accepté dans la famille. Il en a vécu des choses, un jour qu’il venait avec son fils en Irlande, il a été appréhendé par un policier du coin qui patrouillait dans sa voiture avec son collègue. Certainement son look avec sa grande barbe, son teint basané et ses vêtements ont fait échos dans la tête de l’officier de police…Mieux vaut lui demander ce qu’il fait ici, et vérifier ses papiers.
Sait-on jamais, peut-être a-t-il oublié de vérifier quelque chose, qu’à cela ne tienne, 10m plus loin il le contrôle de nouveau. Rien à faire, le doute persiste, et la situation se répète plusieurs fois. Finalement le père et le fils arrivent dans un petit café, magasin d’appoint. Le père sent bien que sa présence fait tache dans ce décor Irlandais.
La caissière semble gênée, et ne sait trop comment réagir. Rien de spécial ne se passe, cet homme n’est pas un terroriste. Le policier rentre dans le magasin et demande à la caissière si cet homme la gêne…la caissière ne sait pas trop quoi dire, l’homme n’a rien fait de spécial, mais si un policier vient lui demander ça, peut-être est-ce parce qu’il a fait quelque chose de mal. L’homme se lève alors avec son fils et propose alors gentiment à la caissière de quitter le magasin afin de ne plus la déranger, ainsi les deux indiens sortent du magasin dans un souci de paix.
Le policier les suit, et semble enclin à re-goutter aux joies de contrôles de papiers répétés…
L’homme commence à perdre patience, et somme le policier de soit le laisser tranquille puisqu’il n’a rien fait, soit simplement l’embarquer au poste de police une bonne fois pour toute.
Le collègue du policier sort donc pour aider le premier à embarquer l’étranger. Mais ils décident de ne pas prendre l’enfant.
Aberration évidente pour les deux infortunés, sûr de son bon droit, l’enfant réclame à être embarqué avec son père, puisqu’il lui semble qu’il devrait être coupable des mêmes soupçons que son père. Rien n’y fera, le père sera embarqué, mais pas le fils.
Le père se retrouve au poste de police où il doit répondre à toutes sortes de questions. Le policier trouve avec une grande joie un sachet d’herbes dans les affaires de l’étranger, manque de chance il s’agit d’herbes médicinales qui aident à dégager les sinus par infusion.
Que faire de lui ? Aucune raison de le garder en cellule… Rien de plus simple, il suffit d’appeler l’hôpital psychiatrique du coin pour l’envoyer là bas. Et voilà comment l’homme se retrouve en situation d’internés en centre psychiatrique…clamant sa santé mentale saine, il n’est évidement pas pris au sérieux. Quand les médecins lui demandent ce qu’il a exercé comme travail, innocemment l’homme répond la vérité. Il a fondé sa propre entreprise il y a plusieurs années, il a eu des centaines d’employés sous ses ordres, président directeur général d’une entreprise d’agriculture il a décidé de se tourner vers une association dont il est le président qui vient en aide aux pays défavoriser.
FOU ! Cet homme est fou, symptômes évident de mégalomanie aggravée. Cet homme soucieux de sa santé avait fait enlevé quelques veines dans ses jambes pour cause de varices, une telle opération a laissé des traces. Ces traces seront interprétées comme autant de signes de négligence du corps par le patient. FOU ! Cet homme est fou ! Les responsables décident de lui donner des médicaments, chose que le patient refuse de faire. Surtout parce que plus jeune il a eu une maladie spécifique, qui n’a jamais été totalement guérie, et certains médicaments, la plupart d’ailleurs, sont complètement interdits. Pour prouver sa bonne foi, l’homme explique qu’il a été traité dans l’hôpital (dont je ne me souviens plus le nom) en Pays de Galles. Ni une ni deux, le médecin appelle l’hôpital psychiatrique de cette ville. Double erreur, l’hôpital dont notre indien parlait n’était nullement psychiatrique, et surtout l’hôpital contacté a refusé catégoriquement l’ouverture de dossier privé de patient.
Echec total pour notre pauvre homme, qui se retrouve à manger des médicaments contre-indiqués coincé dans un hôpital psychiatrique.
Après plusieurs jours, le fils a réussi à prendre contact avec l’ex femme de son père, mais cette horrible personne profitera de cette occasion inespérée pour enfoncer un peu plus son ex-conjoint, visitant l’hôpital et notifiant les responsables de comportements violents et dangereux de son ex-mari.
Que de misère pour cet homme sans défense. Heureusement il finira par s’en sortir, grâce à l’aide de sa nouvelle compagne, mais cette longue traversée du désert laissera quelques traces puisque les doses régulières de médicaments néfastes ont réduits les capacités physiques de l’homme.


Voilà un extrait de ce roman à rebondissement dans lequel le grand père a participé à la première guerre mondial, il a été le premier « Brown » à s’engager dans l’aviation, il a créer une industrie fructueuse de jouets en bois, a permis à des milliers d’enfants de se passionner pour des plaisirs simples. Des plus humbles jusqu’au enfants de la famille royale.
Lady Diana se souviendrait-elle encore, si elle était vivante, d’avoir acheté ces simples jouets de bois ? Cette success-story d’un indien en Angleterre sera-t-elle un jour romancée ?
Les histoires des personnes avec qui on peut partager nos voyages peuvent être passionnantes, une lecture à haute voix des aventures les plus improbables qu’il soit donné d’exister. Et pourtant on se laisse porter à croire, que dans un coin d’Irlande et une ville Galloise, toute cette histoire est plus que vraie. Le décor, les personnages et les dialogues s’animent au même rythme que le paysage se déroule devant vous, dans le train ou le bus, les minutes deviennent des pages, les heures des chapitres ! Mais tout a une fin. Arrivée à Rennes, fin de l’histoire, chacun reprend sa vie, moi dans mon histoire simple et elle peut-être dans son histoire incroyable.
Avant que l’on se quitte, pourriez vous me dédicacer mon exemplaire ?

L'elfe qui dit tout le temps Truie

On a beau être une elfe, appartenir à la race la plus noble qui existe, frôler la perfection au niveau de la beauté et de l’intelligence, chacun a ses défauts…
Cette elfe, si belle, intelligente soit elle, ne peut s’empêcher de dire truie à tout va…
Fille de roi, héritière d’un royaume qui s’étend au-delà de l’horizon, l’elfe souffre de ce mal inconnu jusqu’alors.
En effet, qui a déjà entendu parler d’une elfe qui dit tout le temps truie ? Personne !
On sait fort bien que les nains y sont accoutumés pour appeler leurs femmes, que les humains se prêtent à ce genre de petits surnoms également. Mais une elfe ? Qu’a-t-il bien pu arriver à cette elfe pour qu’elle en arrive là ?
Tout a commencé à sa naissance, parce qu’avant, elle n’existait pas…À sa naissance donc, un être s’est approché de l’enfant, l’air préoccupé. Cet être est un envoyé très spécial de l’association de coordination des vestiges de la civilisation elfe, elle s’occupe en gros de maintenir la civilisation elfe dans un ordre satisfaisant.
Revenons à l’enfant elfe, bien que les elfes soit majoritairement beaux, il s’avère qu’il y a parfois quelques exceptions et que certains soient horriblement laids. C’était le cas de l’enfant elfe.
Fille de roi, héritière d’un royaume qui s’étend au-delà de l’horizon, il était difficile d’imaginer cette enfant à l’avenir glorieux rester aussi moche !
Alors cette étrange créature proposa un accord avec le roi et la reine, il existe un moyen de la rendre jolie, mais il est inévitable qu’une séquelle persiste à cette opération…La magie n’agissant que par équilibre, il y aura forcément compensation !
Pendant la première année de l’enfant elfe, aucune séquelle n’est apparue, le couple régnant s’en félicitait et se trouvaient dans la joie et l’allégresse. Mais la magie n’oublie pas, l’enfant assez vif commença à parler clairement à la fin de sa première année…et quelle fut la surprise pour ses parents lorsqu’elle prononça très distinctement sont premier mot… : « TRUIE ! »
Depuis, l’elfe ne cesse de ponctuer ses phrases avec ce mot qui en plus de désigner un animal peu noble, sonne horriblement moche.
Cette elfe, belle, intelligente, héritière d’un royaume qui s’étend au-delà de l’horizon, est handicapée depuis par ce mal mystérieux dont elle n’a jamais connu l’origine.
Alors que l’elfe a grandi, elle commence à ressentir de plus en plus un malheur et une tristesse grandir en elle. Cet handicap singulier l’empêche de garder ses amis et encore plus de se trouver un bel elfe avec qui partager sa vie !
Déprimée et pâle comme un spectre, ses parents décidèrent de lui expliquer. Ils lui expliquèrent que c’était pour son bien, qu’ils avaient pensé bien faire.
Après mûre réflexion, l’elfe conclus que son mal entraînait hélas exactement les mêmes maux que la laideur. Moqueries, honte, isolation et désolation. Elle partie alors à la recherche de l’étrange créature qui lui avait lancé ce sort…il aurait été facile de la suivre, tant dans son excitation et son nouvel espoir elle lançait des « truie ! ».
Elle arriva alors à cette étrange créature qui, elle l’espérait, trouverai une solution ou tout au moins, la conseillerai.
Après s’être présenté et avoir exposé sa situation, la créature se souvint de cette histoire.
Elle se retira alors dans son étrange demeure pour certainement chercher une solution.
Deux jours et demi plus tard, alors que l’elfe n’avait pas mangé ni bu, l’étrange créature sortie et lui annonça qu’elle avait trouvé la solution. La créature lui tendit une liste d’elfes masculins qui étaient nés moches mais à qui elle avait jeté un sort, tout comme pour cette malheureuse elfe.
Avant de s’en aller, la créature donna un dernier conseil à l’elfe : « Si d’amant sur cette liste point tu ne trouve, ferme ta gueule. »
Nul ne sait ce que devint cette elfe…

vendredi 14 septembre 2007

Paru dans la presse 4

De Gérard Ico, journaliste stagiaire dans notre section Sports et Religion
Jeudi 13 septembre s’est tenue à Paris la finale du championnat national de combat inter-mamies. L’événement, s’il n’a guère suscité l’engouement de la nation ou la passion des politiques (bien que Michel Alliot-Marie, ancienne entraîneuse de l’équipe française de CIM, ait déjà voici quelques années franchi la porte du gouvernement, laquelle devrait également s’ouvrir pour Laporte- si bien sûr ce dernier est ouvert à son tour aux propositions du Président. Réjouissons-nous ensemble mes frères de l’ouverture de tant de portes !) a néanmoins attiré une foule nombreuse, agitée, exaltée même à l’idée de voir s’opposer en duels les plus farouches prétendants au titre de Miss Mamie 2007.

Autour des locaux du Monoprix, rue de Rennes, véritable cœur de la Mamilie (à droite de l’Ovalie sur les cartes) et lieu saint de la religion bobo-aristrocrate parisienne (entre raëlisme et shiisme dans le dictionnaire des religions), les masses confuses de fans s’égaillaient lentement, mais non sans pester, après l’annonce par les services de sécurité que le terrain, déjà plein à craquer, ne pouvait accueillir un supporter de plus. (Le phénomène d’implosion des stades par le supporter surnuméraire est amplement documenté dans l’ouvrage de référence de Jean-Loup Igane « Boire ou choisir, il faut conduire ».)

Le match opposait la tenante du titre, Simone-Thérèse de la Motte-Jaycquard, 73 ans pour 54 kilos, à la challenger, Louise Madeleine de la Cartière-Bonsoir, passe le bonjour à Albert, 69 ans pour 60 kilos. Le premier coup est porté par la Motte-Jaycquard, qui fait comprendre sèchement à son adversaire qu’elle ne lui cédera pas sa place dans la queue, quoiqu’elle ait une cinquantaine d’objets à faire passer et son adversaire qu’une seule. La Cartière-Bonsoir, n’étant pas en reste, réplique d’un archaïque mais efficace « O Madame, votre politesse est digne d’un mahométan ». Suit alors cinquante minutes de lutte acharnée entre nos deux vieilles biques- cinquante minutes de joute verbale, parfois égrillarde, grossière et même aux limites de la culture classique ! La crêpe de chignon (à distinguer des crêpes de Chinon-comestibles) finale est remportée par Simone-Thérèse de la Motte-Jaycquard, qui parvient donc à garder son titre pour la troisième année d’affilée.

La Motte-Jaycquard a repris dès aujourd’hui sa place de tyran des caisses dans les supermarchés du 6ème arrondissement, assistée bien sûr de son terrible chien-moquette Fifi. Prochain rendez-vous le 17 octobre pour le lancement de la coupe du monde de CIM.